Portrait publié le 8 juin 2016

Thibault Harlé - Bravo la science !

Thibault Harlé
Thibault Harlé, doctorant en science de l’environnement à l’Université de Cergy-Pontoise.
Pas facile de résumer simplement trois ans de travail en trois minutes. C’est pourtant la règle du concours national « Ma thèse en 180 secondes » organisé par les universités françaises et le CNRS pour diffuser la culture scientifique au plus grand nombre. Thibault Harlé, de l’Université de Cergy-Pontoise, s’est prêté avec brio à l’exercice d’une présentation expresse pour public non averti. Au point de participer à la finale du concours le 30 mai à Bordeaux. Même s’il n’a pas remporté le premier prix, Thibault est ravi. « Mon challenge était d’aller au-delà des demi-finales, où nous sommes passés de 26 à 13 candidats ». Le jeune doctorant au laboratoire de physico-chimie des polymères y a dévoilé le fruit de ses recherches : une nouvelle matière, dotée de propriétés isolantes hors du commun, à même de déclencher une révolution dans l'univers des matériaux de construction accessibles à monsieur Tout-le-Monde.

Des centaines d'essais
L’histoire de Thibault à Cergy-Pontoise commence il y a 10 ans, quand sa famille quitte Nîmes pour Vauréal suite à une mutation. Lycée puis faculté des sciences : le jeune homme fait tout son cursus dans l’agglomération. «Je n’étais pas parti pour poursuivre les études après mon master pro mais on m’a suggéré un sujet de thèse et j’ai accroché ». Celui qui se définit comme « plutôt touche à tout » commence en 2013 ses travaux d’analyse des produits d’isolation. Il étudie plus spécifiquement les matériaux dits « à changement de phase », capables de stocker de la chaleur puis de la restituer à certaines températures « Pendant un an et demi, j’ai fait des centaines d’essais ». Le but de ses recherches : concevoir un matériau d’isolation inoffensif pour l’Homme, à l’impact modéré sur l’environnement et plus efficace que les solutions disponibles sur le marché. « La condition était aussi que les gens puissent se le payer ». Le matériau devait donc être aussi économique.

Objectifs atteints
A tout juste 25 ans, le jeune chercheur est en passe d’atteindre ses objectifs de départ. Il montre un flacon rempli de gros cristaux blancs. « Mon produit est beaucoup moins cher à fabriquer et meilleur d’un point de vue environnemental que les produits actuels,  se félicite-t-il. Une couche de quelques centimètres de ce produit mélangé à du plâtre est plus isolante qu’un mur de 60 cm ». La nouveauté est si impressionnante qu’un ensemble de brevets vient d’être déposé et que les industriels du BTP ont déjà manfesté leur intérêt.  « Ce sont des travaux très prometteurs » confirme Christel Beriot, directrice de la Fondation Université de Cergy-Pontoise, qui soutient financièrement la thèse de Thibault Harlé par le biais de la chaire « Ecoquartiers et ville durable », cofinancée par la Communauté d’agglomération. Si Thibault doit encore terminer sa thèse en vue de sa soutenance en octobre prochain, il projette déjà de poursuivre ensuite ses recherches. « Je vais continuer à développer mon matériau. Quand on voit ses propriétés… il y a beaucoup de secteurs dans lesquels il pourrait être vraiment très utile » confie-t-il en souriant.

 
Visionnez la prestation de Thibault Harlé pour « Ma thèse en 180 secondes » 

 
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