Portrait publié le 30 juin 2016

Jean-Michel Ripaud - Une aide aux migrants

Jean-Michel Ripaud
Jean-Michel Ripaud vient en aide aux migrants de Calais
Une chose est sûre : pendant notre rendez-vous, ce n’est pas de lui dont Jean-Michel Ripaud va vouloir parler. Ce qui lui importe, c'est de raconter la vie dans la jungle de Calais. Comme pour bien enfoncer le clou, il est accompagné de deux amis, membres comme lui de l’association Salam, qui vient en aide aux migrants.

Il est à la veille de son troisième départ pour Calais, vers le centre d’accueil Jules Ferry. « Je le désigne par le mot « jungle » car les migrants eux-mêmes l’appellent comme cela. ». Au premier aller-retour, en avril, il est resté trois jours. Au deuxième, cinq. Cette fois il prévoit de rester une semaine. Hormis la volonté, sur laquelle il insiste, de « comprendre » la situation, il se rend là-bas pour distribuer de l’aide matérielle collectée. « Bien sûr on n’y va pas les mains vides. Ensuite, il est très important de rester et de distribuer dans la durée. Cela pourrait me prendre à plein temps ». Car dans le camp, les migrants « font la ligne » toute la journée. « Ils attendent pour tout : le déjeuner, recharger le téléphone, un vêtement… ».

L'association Salam
Jean-Michel accepte avec gentillesse d’éclairer un peu son parcours. Il habite Cergy, a 60 ans, est marié et a deux enfants. Avant d’être retraité, il était enseignant spécialisé dans un hôpital de jour pour adolescents et a milité pour l’exercice de la psychiatrie en milieu ouvert. L’adjectif « militant » caractérise bien le personnage, mais on pourrait tout aussi bien préférer « chaleureux ». Son parcours s’inscrit dans une démarche contestataire. « J’ai une culture « alter », altermondialiste, proche du mouvement ATAC, etc ». Aujourd’hui, le militant est engagé pour la cause humanitaire auprès des migrants au sein de l’association Salam, dont il vient de créer la première antenne locale dans le Val d’Oise. Jean-Michel Ripaud est aussi un photographe de talent - « J’ai repris en 2007 après avoir arrêté pendant 25 ans » - et écrivain de textes de chanson. Ses deux amis interviennent pour compléter le cv : « Il est aussi très bon joueur de foot et sacré cuisinier ».

Interrogé sur ses projets, Jean-Michel concède essayer d’augmenter les finances de son association en vendant de l’artisanat de la jungle de Calais, car il existe des tissus, chaussures et autres foulards créés là-bas. « En mode prix libre ». Mais il veut surtout émettre un appel aux dons - vêtements, objets - qu’il redistribue aux migrants. Connaissant maintenant bien leurs besoins il insiste sur l’ordre de priorité des vêtements recherchés et récite avec précision. « Chaussures de sport masculines taille de 40 à 45 ; sous-vêtements coupe caleçon, jeans, T-shirts, pulls, chaussettes, gants, sacs de couchage, chargeurs de batteries, vieux portables, parapluies ».
 
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